Fig.
10 : le disque de Poincaré.
Pour s'en faire une idée,
imaginons qu'il règne une
température normale au centre, mais qui décroît
régulièrement jusqu'à atteindre le zéro
absolu sur le bord. Un
être vivant sur cette surface verrait ses mouvements ralentis au
fur et à mesure qu'il s'éloigne du centre, et ne pourrait
jamais atteindre le bord, qui de ce fait se trouve exclu de la surface
proprement dite (en fait, dans ce modèle, on suppose que la
vitesse est proportionnelle à la température absolue, qui
elle-même est proportionnelle à la distance apparente au
bord :
ceci permet de définir la nouvelle distance entre deux points
comme le temps minimal nécessaire pour aller de l'un à
l'autre avec une vitesse qui se comporte de cette manière).
Le disque de poincaré est donc une
surface sans bord, mais, contrairement aux apparences, de taille
infinie. Les géodésiques sont les arcs de cercles coupant
le bord du disque à angle droit (remarquez qu'elles s'incurvent
vers le centre : c'est normal car il y fait plus chaud!). Il est donc
possible de tracer
des triangles dont la somme des angles vaut zéro : la
courbure totale du disque de
Poincaré vaut moins l'infini, car (voir la figure 10 ci-dessus)
on peut loger une
infinité de tels triangles à l'intérieur du
disque. La géométrie du disque de Poincaré est le
prototype de la géométrie
hyperbolique, un sujet majeur de recherche également bien
représenté dans le laboratoire.
Merci à Hervé
Oyono-Oyono pour les photos figures 4 et 7.